Nouveauté

La Loi suprême de la non-rentabilité

  

A qui l’on parle de l’omniprésence de la non-rentabilité dans la vie actuelle et de la présence plus discrète de la notion de rentabilité, c’est-à-dire de ce qui « rapporte », il vous répondra par un rire éclatant et peut-être cristallin. Le plus facile nous semble pourtant de trouver des exemples du premier type que de la seconde sorte, comme essaiera de le prouver ce qui suit. Nous ne savons pas combien par jour il y a d’affaires non rentables, de conduites non rentables, etc., sur terre ou sous terre, à l’est comme à l’ouest, mais leur nombre doit être presque aussi élevé que le nombre d’affaires, de conduites tout court. Essayez donc de citer une seule affaire rentable. Bon, une seule c’est facile, mais deux ou trois, vous aurez du mal.
De plus je veux parler d’une affaire vraiment rentable. Car on peut maquiller une opération non rentable en opération rentable, comme le pauvre hère gagnant un jour 12€ au Loto en oubliant les centaines d’euros dépensés annuellement et soutenant la rentabilité du Loto (pour le joueur).
L’étourderie de nos contemporains est si grande que personne n’a eu l’idée de la faire entrer en ligne de compte, je veux parler de la loi de non-rentabilité, pour expliquer quelques anomalies de nos sociétés, et même plus que cela. La doxa est telle que l’on considérerait comme du temps perdu ou de la bêtise de discuter d’une telle loi, de ce que nous considérons comme tel, ou d’y porter la moindre attention.
Tout ce qu’on peut dire de choses aussi évidentes est qu’elles sont évidentes.

Editions 13 bis

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